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Approches non-médicamenteuses de la maladie d'Alzheimer

Il y a en France environ un million de personnes présentant une pathologie démentielle, dont 70 % une maladie de type Alzheimer ou apparentée. à ce jour, nous n’avons toujours aucun traitement curatif de ces pathologies, et aucune thérapeutique n’est attendue dans les années qui viennent. Mais absence de traitement curatif ne veut pas dire subir et ne rien faire, bien au contraire.

Au côté des médicaments utilisés dans la prise en charge symptomatique de la maladie (il existe actuellement 4 molécules : donépézil, galantamine, rivastigmine et mémantine), une prise en soin non-médicamenteuse s’est développée depuis ces dernières années. Elle vise à préserver le plus longtemps possible les capacités restantes et améliorer ainsi la qualité de vie de la personne malade. Cette prise en soin spécialisée rentre dans le cadre des ‘‘ thérapeutiques non médicamenteuses ’’ selon la définition de la Haute Autorité de Santé.

L’attitude thérapeutique du soignant

Soigner un malade Alzheimer ou apparenté nécessite une approche professionnelle spécifique : considérer le malade comme une personne capable de réaliser, avec un soutien moral ou physique, certaines activités, en particulier les activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, alimentation, …).

Si elles n’ont en soi rien de purement thérapeutique, ces activités le deviennent au travers du relationnel qu’elles suscitent entre le malade et son soignant (l’attitude, le toucher, la parole, …). Cette attitude thérapeutique permet de prendre parfaitement la mesure des capacités restantes du malade et d’éviter la mise en situation d’échec.

Les thérapeutiques non médicamenteuses

Plusieurs thérapeutiques sont envisageables. Elles doivent être pratiquées par du personnel formé et s’inscrire dans le cadre d’un projet de soins (recommandations HAS - décembre 2011).

  • Un environnement adapté permettant confort physique et psychique. L’aménagement architectural des structures d’accueil est en ce sens fondamental ainsi que la qualification et le professionnalisme des équipes soignantes.
  • Une prise en charge psychologique du malade afin de l’aider à maintenir une stabilité et une continuité de vie psychique en dépit des troubles. Soutien et accompagnement des familles  dans l’acceptation (ou non) de la maladie et de ses troubles. Différents types de  thérapies peuvent être proposées (psychothérapies individuelles ou en groupes, thérapies cognitivo-comportementales, réminiscence, validation …).
  • Une prise en charge orthophonique afin de maintenir et adapter les fonctions de communication du malade (langage, parole et autres). L’orthophonie concerne également les troubles de la déglutition.
  • La stimulation cognitive propose autour d’activités vécues ou de mises en situation une mobilisation des capacités restantes du malade afin de ralentir la perte d’autonomie. La prise en charge débutée par les psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens ou orthophonistes formés est prolongée par les soignants au quotidien.
  • L’exercice physique et notamment la marche, a un effet positif sur les capacités physiques et la prévention du risque de chutes. Il agit également sur certaines aptitudes fonctionnelles et diminue les troubles psycho-comportementaux de la maladie.
  • Les ateliers thérapeutiques parce qu’ils s’appuient sur une participation active et volontaire du malade et qu’ils mettent en place une relation réciproque inscrite dans le temps avec les soignants, ils sont un véritable complément aux soins quotidiens et permettent bien souvent une meilleure maîtrise des troubles psycho-comportementaux :

    • L’art-thérapie : communiquer par la création artistique. Les créations vont concourir à atténuer l’anxiété du malade et à le valoriser à ses propres yeux et aux yeux des autres.
    • La musicothérapie : l’écoute de sons isolés ou d’œuvres musicales intégrales peut participer à la réanimation de la mémoire. La pratique d’instruments, l’expression corporelle ou la voix, stimulent le malade en suscitant chez lui des émotions.
    • L’atelier autobiographique permet au malade de retracer son ‘‘ histoire de vie ’’ et de se réapproprier son identité. Cela renforce son sentiment d’existence.
    • Le jardin thérapeutique et la cuisine thérapeutique permettent de susciter la communication, le souvenir d’une activité passée ou le sentiment d’utilité du malade. Les participants sont ensuite invités à enrichir leurs activités manuelles par des exercices complémentaires de reconnaissance olfactive des essences, de préparation des repas, etc …

‘‘ Les Félibres ’’ : un outil spécialement dédié à ces thérapeutiques

La conception même du Pavillon ‘‘ Les Félibres ’’ va permettre le développement de ces thérapeutiques non médicamenteuses auprès des résidents qui y seront accueillis : chambres individuelles spécialement adaptées autour de lieux de vie ouverts sur des jardins permettant une déambulation permanente sécuriséesalles d’animations et d’activités thérapeutiques, salles de soins centralisées facilitant la surveillance.

Des soignants formés à l’approche de la maladie d’Alzheimer, des professionnels spécialisés (gériatres, neuropsychologue, ergothérapeute, etc …) les accompagneront autour d’un projet de soins spécifique.

Tout est réuni pour faire du CHP, en particulier son Pôle EHPAD, un acteur essentiel dans le diagnostic et le suivi des malades Alzheimer en Dordogne.

Dr Frédéric Wone
Responsable du pôle EHPAD

Réalisation : Stratis