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Chirurgie de la colonne vertébrale

Quels types de problèmes sont traités par la chirurgie du rachis ?

Le champ de cette spécialité est très vaste, mais le plus souvent elle s’adresse aux pathologies liées au vieillissement naturel de la colonne, c’est-à-dire les hernies discales et les canaux lombaires étroits avant tout. Les fractures, les tumeurs et les infections vertébrales sont aussi des indications opératoires possibles.

En quoi le vieillissement est-il un facteur important ?

Pour comprendre ce phénomène, il faut s’intéresser à l’évolution de l’espèce humaine.

A priori, l’ultime découverte d’ossements datant de 7 millions d’années, porte à croire que l’homme a acquis la marche (bipodale) avant que son cerveau ne se développe et qu’il n’existe aucune filiation avec le singe.

Tenir debout nous a obligé à une modification du sens des courbures de notre colonne vertébrale cervicale et lombaire, mais aussi à un rétrécissement des conduits de cheminement des nerfs et de la moelle épinière qui sont à l’intérieur de la colonne.

Les disques et articulations vertébrales, placés sous de nouvelles contraintes liées à l’apesanteur et aux mouvements répétés, vont alors produire plus rapidement de l’arthrose (becs de perroquet) au niveau des nouvelles courbures de la colonne.

Cette dernière va alors meurtrir ces structures nerveuses déjà trop à l’étroit, et produire des douleurs ou des déficits neurologiques à type de paralysie.

L’arthrose rachidienne s’invite au quotidien des personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses et désireuses d’activités.

La chirurgie de la hernie discale et du canal lombaire étroit se développe donc à la fois en quantité mais aussi en qualité.

Quelles sont les techniques innovantes en chirurgie du rachis ?

Discernons la technique de l’instrument. Concernant la technique, la chirurgie mini-invasive, qui préserve les muscles rachidiens et diminue les douleurs post-opératoires, permet une réhabilitation plus rapide des patients avec moins de complications post-opératoires et de séquelles.

On peut citer le traitement des fractures vertébrales ostéoporotiques traitées par cyphoplastie, dont le principe est de réduire dans un premier temps la fracture grâce à 2 ballonnets gonflés au sein même de la vertèbre et, dans un second temps, d’injecter du ciment acrylique pour remplir le vide créé. Ces 2 innovations technologiques sont issues de la recherche aérospatiale de la NASA. Les personnes âgées peuvent ainsi regagner leur domicile plus rapidement, sans perdre d’autonomie.

Il est possible aussi de stabiliser les vertébrales entre elles pour les fusionner, à l’aide d’implants en titane vissés dans les vertèbres et passés à travers la peau. Là encore, les muscles sont épargnés et les suites post-opératoires sont simplifiées.

La dissectomie, qui consiste à retirer la hernie discale, peut être réalisée par voie endoscopique (à travers un tube), avec une meilleure visualisation grâce à l’éclairage par fibres optiques, associé au confort du geste chirurgical par des instruments encore plus ergonomiques.

Le traitement du canal lombaire étroit n’échappe pas à cette innovation. Il est possible de retirer les ‘‘ becs de perroquet ’’ qui compriment les nerfs à l’aide de fraises à os motorisées et de ‘‘ rongeurs ’’, par ces mêmes tubes endoscopiques.

Qu’en est-il de l’instrument ?

Pour ce qui est de l’instrument, je pense avant tout aux prothèses discales déjà utilisées depuis plus de 30 ans qui se perfectionnent et montrent progressivement leur efficacité.

Elles sont réservées à des patients jeunes, avec une limite d’âge autour de 50 ans, qui souffrent de mal de dos associé à une sciatique.

Leurs symptômes tiennent au fait que le disque est dégénéré et ne remplit plus ses fonctions de ‘‘ coussinet amortisseur ’’.

La technique de référence pour résoudre ce problème consiste à arthrodéser * ce disque, le privant ainsi de toute mobilité.

La prothèse discale préserve cette mobilité, épargnant ainsi aux autres disques un surcroit de contraintes.

Mes travaux de recherche ont montré que la prothèse discale répond naturellement aux différents changements de positions de la colonne mais aussi aux différentes formes de courbures de dos qui nous caractérisent, ce qu’une arthrodèse ne parvient pas à faire.

Existe-t-il un espoir chirurgical aux patients paraplégiques qui ont eu une lésion de leur moelle épinière suite à un accident ?

Lorsque ce problème survient, il s’agit tout d’abord d’une question de temps : plus ces patients sont pris en charge rapidement, plus leurs chances de survie et de récupération sont grandes.

Grâce à une équipe multi-disciplinaire, notre plateau technique au CHP a pu sauver plus d’une dizaine de patients dans ce cas au cours d’une année, dont la moitié a pu récupérer de sa paraplégie.

Par contre, lorsque la moelle épinière est sectionnée, aucune technique chirurgicale ne permet à ce jour de la réparer. L’espoir est placé dans la recherche bio-cybernétique.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à recréer un mouvement sur un membre grâce à des implants cérébraux. Là encore, ce n’est qu’une question de temps et de conception de notre évolution.

* bloquer le disque intervertébral par des vis placées au sein de la colonne et le greffer avec de l’os.

Dr Yann Basso
Traumatologie, chirurgie orthopédique et rachidienne

Réalisation : Stratis