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Dépistage du cancer du sein

Le cancer se caractérise par un développement anarchique et ininterrompu de cellules ‘‘anormales” dans l’organisme qui aboutit à la formation d’une tumeur ou “grosseur”.

Cette population de cellules agresse et détruit l’organe dans lequel elle est implantée et peut migrer dans d’autres parties du corps (on parle alors de métastases).

Si la prolifération n’est pas stoppée, le cancer se généralise plus ou moins rapidement.

Constat

Le risque cumulé, quelque soit l’âge, est de 1 femme sur 9. Le cancer du sein est la 1ère cause de décès par cancer féminin (20 %) et la 1ère cause de décès féminin avant 65 ans.

L’âge moyen au moment du diagnostic est de 60 ans, avec un pic d’incidence entre 60 et 69 ans.  Le dépistage des femmes entre 50 et 74 ans devrait dépister 60 % des cancers. On observe une baisse du taux de mortalité de 1,3 % chaque année depuis 2000, en raison d’un diagnostic plus précoce et d’une meilleure prise en charge.

Lorsque la taille de la tumeur est inférieure à 1 centimètre, sans envahissement ganglionnaire, les chances de survie à 5 ans sont d’au moins 90 %, alors qu’elles sont inférieures à 55 % en cas d’atteinte ganglionnaire (plus de 3 ganglions envahis).

Facteurs de risque

Il n’y a pas de population à bas risque mais il y a des femmes à haut risque : antécédents personnels de cancer du sein, risque génétique, irradiation importante à un âge jeune, …

Le facteur ‘‘âge’’ est le plus important : en effet, 2/3 des cancers du sein se développent chez les femmes de plus de 50 ans. En revanche, cette maladie est rare chez les femmes de moins de 35 ans et reste exceptionnelle avant 20 ans.

Dépistage

Rappelons qu’à tout âge est recommandé un suivi régulier par le médecin généraliste ou le gynécologue qui prescrira les examens nécessaires.

Le dépistage repose sur la mammographie. C’est l’élément clé du diagnostic précoce en permettant de dépister des lésions qui échappent à l’examen clinique.

Actuellement, 2 technologies sont disponibles : analogique (depuis 1965) et numérique (depuis 2000).

Depuis 2008, l’utilisation de la mammographie numérique est autorisée dans le cadre du dépistage. Ces 2 techniques ont une équivalence diagnostique dans un contexte de dépistage.

En France, le dépistage peut être soit individuel, sur prescription, soit organisé, dans le cadre d’une action de santé publique s’adressant aux femmes de 50 à 74 ans inclus.

Le dépistage individuel peut être débuté à partir de 40 ans.

L’ensemble des structures de radiologie, privées et publiques, sont impliquées dans le dépistage.

Au Centre Hospitalier de Périgueux, le service d’imagerie médicale participe au dépistage organisé depuis octobre 2009.

L’équipe médicale et 6 manipulatrices ont bénéficié de formations spécifiques à cet effet.

Modalités du dépistage organisé

Un courrier personnalisé est envoyé tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans par la structure de gestion départementale Vitalis. Il invite les femmes à un examen clinique des seins et une mammographie. 

Cet examen est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie et est effectué chez le radiologue choisi par la femme parmi une liste de spécialistes agréés.

L’installation radiologique doit répondre à un cahier des charges précis. Des contrôles qualité internes et externes réguliers garantissent la qualité des clichés.

Au terme de la lecture des clichés, le radiologue établit une classification des images selon le système BI-RADS de l’American College of Radiology

  • ACR 1 mammographie normale
  • ACR 2 images normales ou bénignes ne nécessitant aucune surveillance particulière
  • ACR 3 image probablement bénigne, justifiant une surveillance à court terme (tous les 6 mois)
  • ACR 4 anomalie indéterminée ou suspecte qui indique une vérification histologique (biopsie)
  • ACR 5 anomalie évocatrice de cancer

Tout cliché négatif ou bénin (ACR 1 ou 2) est relu par un second radiologue. En cas d’anomalie, un bilan diagnostique immédiat est réalisé, le médecin traitant et/ou le gynécologue prévenu assure le suivi.

La détection précoce du cancer du sein est primordiale pour augmenter les chances de guérison. Le programme de dépistage organisé déployé sur toute la France depuis 2004 a permis une réduction significative de la mortalité par cancer du sein. En 2009, 53 % des femmes contactées ont répondu à cette invitation. Espérons qu’elles seront de plus en plus nombreuses. L’équipe de l’imagerie médicale du CHP est à leur disposition !

Dr Aude Magontier
Radiologue

Réalisation : Stratis