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Dépistage et diagnostic du glaucome

Epidémiologie

Le glaucome est une maladie fréquente puisqu’il atteint 2 % de la population totale. Dans l’hexagone, 600 000 personnes seraient atteintes de glaucome, auxquelles s’ajoutent 400 000 autres qui en sont touchées sans le savoir.

La fréquence du glaucome augmente avec l’âge et il survient surtout chez les personnes de 50 ans et plus, mais il peut également toucher les enfants, il s’agit alors d’un glaucome congénital.

Dans les pays industrialisés, le glaucome constitue la 2ème cause de cécité.

Facteurs de risque

Le principal facteur de risque de destruction du nerf optique est l’élévation de la pression intra-oculaire ou l’hypertonie oculaire (plus de 21 mm Hg). Ses effets se manifestent soit directement sur le nerf optique (la théorie mécanique), soit sur la vascularisation du tète du nerf optique (la théorie vasculaire ou ischémique).

Les 2 mécanismes ethio-pathogéniques sont liés l’un à l’autre, mais n’expliquent pas les formes spéciales de glaucomes avec une tension normale (une pression oculaire normale n’exclue pas le diagnostic du glaucome).

Les autres facteurs de risques généraux sont :

 

  • les facteurs génétiques ;
  • La race (les personnes d’origine afro-américaine sont plus exposées au risque de glaucome que les personnes d’origine caucasienne) ;
  • Le diabète ;
  • La myopie ;
  • Les traitements avec corticoïdes ;
  • Des facteurs moléculaires ou le stress oxydatif.
  • Pour le glaucome à pression normale, il existe d’autres facteurs de risque comme :
  • L’hypotension artérielle ;
  • Les affectionnes vasculaires ;
  • Le syndrome vaso-spastique (Raynaud) ;
  • Le syndrome migraineux ;
  • Le syndrome d’apnée du sommeil ;
  • L’ischémie cérébrale ;
  • La vasoconstriction entrainée par endotheline-1 ;
  • Les modifications d’hémodynamique (l’augmentation de la viscosité sanguine avec la diminution de la vélocité du flux vasculaire dans l’artère ophtalmique et l’artère centrale de la rétine) ;
  • L’inflammation (l’augmentation de la protéine C réactive).

 

Symptômes

Le glaucome reste longtemps asymptomatique sans causer de douleur, rougeur ou perte de l’acuité visuelle. D’où son danger car le patient a l’impression de bien voir !

La neuropathie optique glaucomateuse se caractérise par une perte progressive de cellules ganglionnaires rétinienne.

Les altérations de la vision liées à la destruction du nerf optique ne se manifestent ainsi qu’à un stade évolué et sont caractérisées par l’apparition de points aveugles dans le champ visuel latéral ou périphérique, qui, sans traitement, peuvent aboutir à la cécité.

Diagnostic

Comme la maladie reste longtemps asymptomatique, son dépistage précoce a une importance capitale afin de minimiser les risques de perdre la vue.

Après 40 ans, les patients devraient consulter une fois par an leur ophtalmologue pour un examen de dépistage du glaucome, d’autant plus s’ils présentent des facteurs de risque reconnus, tels qu’une pression intra-oculaire élevée, une histoire familiale de glaucome ou une myopie assez importante.

Le diagnostic du glaucome nécessite plusieurs examens :

 

  • Mesure de la PIO (pression intra-Oculaire)
  • Examen de drainage du liquide intra-oculaire (gonioscopie)
  • Examen du nerf optique (fond d’œil)
  • Examen du champ visuel (périmétrie)
  • Examens de structure du nerf optique et des fibres nerveuses rétiniennes (OCT, HRT, GDx).

Dans notre service d’Ophtalmologie, nous réalisons un dépistage approfondi pour tous les patients à risque : environ 10-15 bilans complets sont réalisés chaque semaine. Avec une équipe très bien instruite, nous avons la possibilité de réaliser plusieurs examens complémentaires comme le champ visuel et l’OCT pour l’analyse du nerf optique et de la couche des cellules ganglionnaires rétiniennes.

Traitement

Le traitement du glaucome consiste d’abord à faire baisser la pression intra-oculaire à l’aide de collyres adaptés : ce traitement quotidien doit être poursuivi toute la vie. En fonction de l’évolutivité de la maladie, un traitement chirurgical (laser ou chirurgie traditionnelle, chirurgie filtrante) peut être envisagé.

Une fois le diagnostic posé et le traitement démarré, il est indispensable d’assurer un suivi régulier du patient avec mesure de la PIO et analyse du champ visuel pour surveiller une éventuelle progression de la maladie.

En conclusion

Nous sommes loin de tout savoir sur le glaucome et ses facteurs déclenchant. Pour l’instant, les traitements disponibles permettent seulement de stopper l’évolution de la maladie, d’où l’importance du dépistage.

Dr Diana Melinte
Ophtalmologue

Réalisation : Stratis