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Diagnostic du Syndrome d’Apnées du Sommeil par enregistrement polysomnographique

Depuis une vingtaine d’années, le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est devenu incontournable dans l’exercice de la pneumologie.

Atteignant 4 % des hommes et 2 % des femmes, il est dû à une obstruction partielle ou complète des voies aériennes supérieures (pharynx) pendant le sommeil.

Ce phénomène est lié à un relâchement excessif des muscles dilatateurs du pharynx, dont le rôle consiste schématiquement à tirer la langue vers l’avant et à écarter les amygdales, pour permettre un passage aisé de l’air.

Pendant le sommeil, ces muscles se relâchent de manière excessive chez certaines personnes, ce qui entraine au minimum un ronflement, au maximum une apnée (arrêt complet du flux aérien). Pour que cesse l’apnée, il faut un éveil, qui permet le retour du tonus musculaire et une réouverture du pharynx.

Il en résulte:

  • Une mauvaise qualité de sommeil (micro-éveils répétés, fragmentation du sommeil, disparition du sommeil profond) qui induit en journée une somnolence (risque d’accidents routiers), des difficultés de concentration, et des troubles de l’humeur ;
  • Un stress cardiovasculaire à chaque apnée (poussée tensionnelle, vasoconstriction, accélération du pouls) qui favorise à la longue la survenue de pathologies graves (HTA, infarctus, accidents vasculaires cérébraux, troubles du rythme cardiaque, …) ;
  • D’autres troubles : impuissance, polyurie nocturne, reflux gastro-œsophagien.

Le traitement du SAS permet d’améliorer la qualité de vie, et de prévenir la survenue de graves maladies, en particulier cardio-vasculaires.

Diagnostic

Le diagnostic du SAS passe par un enregistrement de la respiration durant le sommeil, pour visualiser les apnées, et étudier leurs conséquences sur le sommeil.

La polygraphie ventilatoire recherche uniquement les troubles respiratoires, en utilisant :

  • Un capteur de débit respiratoire (en général, une lunette nasale) ;
  • Des sangles thoraciques et abdominales pour enregistrer les mouvements respiratoires ;
  • un capteur de SaO2 et du pouls au doigt ;
  • Un enregistrement du ronflement ;
  • Un capteur de position.

Les données sont recueillies toute une nuit, en ambulatoire à domicile, et étudiées ensuite par un logiciel automatique, avec relecture par le médecin. On obtient ainsi le diagnostic du SAS et sa gravité : nombre d’apnées par heure, retentissement sur l’oxygénation du sang.

La polysomnographie complète étudie en plus le sommeil grâce à des capteurs de l’activité cérébrale (EEG), musculaire (EMG) et des mouvements oculaires (EOG), et visualise donc les micro-éveils dus aux apnées, la fragmentation du sommeil et sa mauvaise qualité.

La polygraphie est pratiquée en ambulatoire : on donne l’appareil aux patients après leur avoir montré comment le poser avant le coucher. La mise en place est aisée, la lecture relativement rapide, ce qui en fait l’examen de choix pour le dépistage de masse du SAS.

La polysomnographie nécessite la pose d’électrodes par une infirmière spécialisée, et les patients dorment une nuit à l’hôpital. Elle est indiquée après une polygraphie lorsque celle-ci n’a pas donné de résultat probant, ou pour le diagnostic d’autres pathologies du sommeil.

Dans notre service, nous réalisons environ 350 polygraphies et 80 polysomnographies par an.

Un dépistage du SAS est en place en Médecine A et en Cardiologie, ces services ayant un recrutement de patients à fort risque de troubles respiratoires du sommeil : obésité et maladies cardio-vasculaires.

Le traitement du SAS repose sur :

  • Des mesures hygiéno-diététiques : amaigrissement, abstention d’alcool et de tranquillisants (qui favorisent le relâchement des muscles pharyngés) ;
  • La chirurgie ORL ;
  • L’orthèse d’avancée mandibulaire ;
  • Et surtout l’appareillage par pression positive continue (PPC).

En conclusion

Le SAS est une pathologie fréquente, source d’altération de la qualité de vie, dont le dépistage et le traitement permettent d’éviter la survenue de maladies graves, voire mortelles. Sa prise en charge constitue donc une excellente prévention, qui  a prouvé son efficacité en matière de coût pour la collectivité.

Tout médecin, et tout soignant doit participer à ce dépistage en signalant les patients susceptibles d’être atteints par un SAS, afin qu’ils bénéficient d’une polygraphie et d’une prise en charge spécialisée.

Dr Serge Lacroix
Pneumologue 

Réalisation : Stratis