Professionnels de santé

Dons d'organes Accéder à l'Extranet

Prise en charge de la douleur

Comment est organisée la prise en charge de la douleur

Au sein de notre établissement, différentes structures s’impliquent de façon complémentaire dans la prise en charge de la douleur :

  •  Les équipes des unités de soins, directement en charge des patients.
  •  Le CLUD (Comité de Lutte contre la Douleur) qui analyse l’existant, émet des propositions d’amélioration et liste les moyens à mettre en œuvre pour répondre aux besoins des patients hospitalisés (actions de formation, personnel référent, introduction de techniques spécifiques …)
  • Une équipe dédiée à la prise en charge de la douleur chronique (la consultation ‘‘ douleur ’’) qui reçoit des patients adressés en consultation externe et assure des consultations et des actes techniques auprès des patients hospitalisés.

Cette équipe effectue également des actions de formation et participe à de nombreux travaux, aux niveaux régional et national, pour l’amélioration de cette prise en charge, et certains de ses membres ont activement contribué à la création du Réseau Aquitaine Douleur. Ce sont les particularités de la douleur chronique qui permettent de mieux comprendre la spécificité de cette consultation. La douleur chronique est une perception complexe où s’associent une sensation (au sens physique), l’émotion désagréable qui l’accompagne, l’idée que l’on se fait de sa cause et de ses conséquences, et le comportement alors présenté par le patient. Elle affecte plus de 30% de la population générale.

Afin d’en établir le diagnostic, certains signes cliniques doivent être pris en compte, telles qu’une douleur qui dure au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée, avec une détérioration significative des activités quotidiennes ou une réponse insuffisante au traitement.
Un comportement anxieux ou psychopathologique associé, une résistance à l’analyse de la situation ainsi que l’écart entre les interprétations du patient et du médecin sur la douleur et son environnement sont des signes d’alerte (recommandations professionnelles, HAS, avril 2009). De ce fait, une évaluation psycho-comportementale est indispensable pour apprécier le niveau d’implication de certains de ces éléments comme cause ou facteur de modulation du processus douloureux.
Il faut aussi préciser qu’une telle prise en charge s’inscrit dans une temporalité qui est
celle du patient et de ses capacités évolutives, et non pas celle d’un traitement ‘‘ classique ’’.

La consultation douleur chronique du CHP

  •  Les premières consultations, avec le Dr Françis SAINT-MARTIN, ont lieu en 1992, puis sont successivement créés le CLUD en 2000 et l’unité fonctionnelle de prise en charge de la douleur en 2001, intégrée au service d’anesthésiologie. La consultation de psychologie est ouverte en 2004. La consultation ‘‘ douleur ’’, configurée pour recevoir tout type de patient douloureux chronique, a vu son activité quadrupler entre 2002 et 2011, et a été labellisée par l’ARS d’Aquitaine.
  • Elle est intégrée dans une organisation territoriale concrétisée en 2010 par la création d’une antenne au centre hospitalier de Sarlat et d’un inter-CLUD départemental (création de groupes de travail thématique inter-établissements, élaboration de procédures communes, partage
    d’expériences, renforcement des réseaux).
  • L’équipe se compose de 3 médecins : Dr Dominique JARNIER (neurologie), Dr Patrick LAFONT (médecine polyvalente), Dr Françis SAINT-MARTIN (anesthésiologie), d’un psychologue également affecté à l’unité de soins palliatifs, et d’un cadre de santé, de 2 infirmières et 2 secrétaires partageant leur activité entre les consultations d’anesthésiologie et la structure douleur. Une prochaine étape verra l’intégration d’un médecin gériatre dans l’équipe (Dr Séverine JUCHS).

La prise en charge de ces patients implique de pouvoir faire appel à toutes les compétences médicales et chirurgicales présentes au CHP, dont la neurologie, la psychiatrie, la rhumatologie, la chirurgie du rachis … et les cas les plus complexes sont discutés lors de réunions régionales. Le suivi des enfants douloureux chroniques est prioritairement assuré par les équipes locales et régionales de pédiatrie, avec qui nous collaborons. Un partenariat privilégié est également établi avec plusieurs équipes de neurochirurgie (Bordeaux, Bayonne, Nantes et Toulouse) et de médecine physique et de rééducation (Annesse et Beaulieu, Bordeaux et Limoges). Les thérapeutiques proposées ne sont pas que médicamenteuses, et nous utilisons aussi la neurostimulation transcutanée, les infiltrations, les blocs intra-veineux, la psychothérapie et les approches cognitivo-comportementales, ainsi que la relaxation et l’hypnose. D’autres approches thérapeutiques complémentaires, certaines relevant de techniques invasives, et d’autres de techniques ‘‘ douces ’’ sont envisagées .

L’équipe Douleur

L’équipe douleur est également impliquée dans toutes les actions visant à améliorer la prise en charge de la douleur, aigüe ou chronique.
Elle est à ce titre le ‘‘bras armé’’ du CLUD et assure ainsi la diffusion de techniques de soins comme par exemple l’utilisation du protoxyde d’azote (MEOPA), autant dans le cadre de soins courants que pour faciliter les soins auprès de patients particulièrement fragiles (ainsi pour les actes de dentisterie
chez les enfants autistes ou polyhandicapés …).
Cela ne peut se concevoir sans l’élaboration de protocoles et la formation initiale et continue des personnels à ces techniques. Elle assure également, en collaboration avec les anesthésistes, la surveillance des patients bénéficiant d’une analgésie auto-contrôlée (PCA) post-opératoire et prépare la diffusion de cette technique auprès des services de médecine.
Elle est associée à toutes les actions de formation des personnels de santé, qu’elles soient internes ou externes à l’établissement, ou effectuées dans un cadre coopératif avec le Réseau Aquitaine Douleur ou la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD).
Avec le Réseau Aquitaine Douleur, la SFETD, les associations d’usagers, divers réseaux de soins et les laboratoires pharmaceutiques, nous participons aux actions suivantes : structurer la filière de
soins, sensibiliser les différents professionnels de santé, permettre l’égalité d’accès de prise en charge de la douleur, harmoniser les modalités organisationnelles au sein des établissements, étudier de nouveaux traitements.
Les projets de développement, d’ordre organisationnel ou fonctionnel, sont nombreux et variés, et feront certainement l’objet d’un futur article dans Synergie.

Dr Patrick LAFONT
Responsable du service de Prise en charge de la douleur

Réalisation : Stratis