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Réanimation en salle de naissance

Les toutes premières minutes de vie en salle de naissance représentent un moment crucial pour le pronostic ultérieur du nouveau-né. 10 % d’entre eux nécessitent une assistance et 1 % de réelles mesures de réanimation intensive.

La réanimation du nouveau-né requiert au minimum une équipe de 3 personnes. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un pédiatre ou d’un médecin anesthésiste, d’une sage-femme et d’une aide-soigante. Le médecin est à la tête de l’enfant et a pour rôle de conduire la réanimation en coordonnant les aides.

Depuis novembre 2010, ces équipes prenant en charge les enfants en salle de naissance doivent connaître et appliquer les recommandations de l’European Resuscitation Council (ERC) et de l’International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR). C’est dans ce but, qu’un cycle de formation avec mise en condition sur mannequin et scénarios de simulation s’est mis en place au CH de Périgueux. L’objectif est d’amener chaque intervenant en salle de naissance (obstétricien, pédiatre, sage-femme, puéricultrices, AP, AS) à accomplir pleinement son rôle selon ces recommandations qui sont les suivantes.

Le premier point essentiel est l’anticipation

> Anticipation pour le matériel : les salles de réanimation néonatale doivent être régulièrement vérifiées et après utilisation immédiatement ré-équipées pour faire face à une nouvelle urgence.

> Anticipation clinique : de nombreuses situations cliniques comportant un risque vital à la naissance, peuvent être identifiées en amont, au regard d’une collaboration obstétrico-pédiatrique efficiente. Des staffs multidisciplinaires permettent la discussion et l’anticipation. Des transferts in utéro vers un centre de niveau III comme Bordeaux, peuvent alors être décidés.

En effet, les maternités sont classées en 4 groupes :

> Maternité de niveau III (Bordeaux, Limoges) : prise en charge des nouveaux-nés de moins de 32SA et/ou moins de 1200g, unité de réanimation ;

> Maternité de niveau IIb (Périgueux) : prise en charge des enfants de plus de 32 SA et de +/-1200g. Service de néonatologie avec soins intensifs, présence du pédiatre sur place ;

> Maternité de niveau IIa: Prise en charge des enfants de plus de 35 SA. Lits de néonatologie, pédiatre d’astreinte ;

> Maternité de niveau I : Prise en charge des enfants à terme. Pédiatre d’astreinte.

À la naissance de l’enfant une évaluation immédiate est réalisée, répondant à 4 questions :

> Enfant à terme ?

> Liquide amniotique clair ?

> Respiration ou cris ?

> Tonus musculaire normal ?

Étape 1 : prévention de l’hypothermie et libération des voies aériennes (30 secondes)

La plupart des nouveau-nés ne requiert que cette première étape.

L’enfant est séché (linge chaud), stimulé par une friction du dos et des petites pichenettes sur la plante des pieds. Et si besoin, aspiration et libération des voies aériennes supérieures.

Étape 2 :ventilation manuelle en pression positive

L’objectif de cette étape est d’assurer une ventilation alvéolaire efficace. Le soulèvement thoracique puis l’augmentation de la fréquence cardiaque en objective l’efficacité.

Un recrutement des alvéoles est réalisé par 5 insufflations longues de 3 secondes. Puis ventilation avec un rythme de 40 ventilations par minute.

Étape 3 : massage cardiaque externe

Si après 30 secondes de ventilation efficace, la fréquence cardiaque reste inférieure à 60 battements par minute (bpm), les compressions thoraciques synchronisées à la ventilation doivent être débutées (120 cycles par minute, 3 compressions thoraciques pour une insufflation) et poursuivies tant que la fréquence cardiaque est inférieure à 60 bpm.

Étape 4 : médicaments adrénaline

L’adrénaline est indiquée après 30 secondes de massage cardiaque synchronisé à la ventilation si la fréquence cardiaque reste inférieure à 60 bpm et peut-être renouvelée toutes les 3 à 5 minutes en l’absence de réponse.

L’adrénaline est préférentiellement administrée par voie intraveineuse. La voie veineuse d’urgence en salle de naissance est la veine ombilicale avec un cathéter veineux en position sous hépatique.

En l’absence de voie veineuse, la voie intra-trachéale peut-être utilisée.

Conclusion

La prise en charge du nouveau-né à terme en détresse en salle de naissance repose actuellement sur l’efficacité de la ventilation en pression positive.

L’anticipation et le travail en équipe est un élément clé pour une bonne prise en charge.

Les techniques de simulation font maintenant partie des nouvelles recommandations en complément de la formation traditionnelle.

 Dr Jean-Benoit DAUPHIN - Pédiatre

Réalisation : Stratis