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Un autre regard sur la schizophrénie

Clinique de la schizophrénie : quelques notions

Au XIXème siècle, Kraepelin décrit la ‘‘ démence précoce ’’, insistant dès lors sur les aspects fondamentaux de la maladie, que sont les troubles cognitifs, le début dans le jeune âge et le déficit quasi inéluctable à l’époque.

A sa suite, Bleuler crée le terme de Schizophrénie en 1911, insistant sur la coupure (du grec schizein : fendre) entre la pensée, les émotions et les comportements appelée ‘‘ dissociation ’’.

Le XXème siècle met l’accent sur les symptômes positifs (délire, hallucinations, désorganisation) et négatifs (émoussement affectif, alogie, avolition) à travers l’évolution de la nosographie nord américaine (DSM III et DSM IV). La clinique actuelle évolue vers un modèle multidimensionnel qui intègre les divers tableaux cliniques de la schizophrénie, du trouble bipolaire et des troubles de la personnalité du spectre de la schizophrénie.

Sur le plan thérapeutique, la découverte des neuroleptiques en 1952 modifie le pronostic de la maladie et améliore le sort des patients qui vivent à l’extérieur de l’hôpital, soutenus par les équipes soignantes extrahospitalières. Actuellement, l’essor des antipsychotiques de 2ème génération permet une amélioration des symptômes négatifs.

Sur le plan physiopathologique :

 

  • La symptomatologie négative correspondrait aux anomalies structurales neuronales, frontales et limbiques, responsables d’un ralentissement du traitement de l’information cognitive et émotionnelle ;
  • La désorganisation serait la conséquence d’une perturbation synaptique à l’origine d’une dysconnectivité des réseaux neuronaux, responsables d’erreurs dans le traitement de l’information cognitive et émotionnelle ;
  • La symptomatologie positive serait l’expression fonctionnelle d’une hyperactivité dopaminergique sous corticale, exerçant une stimulation pathologique sur un cerveau par ailleurs plus ou mois altéré sur le plan structural.

Fonctions cognitives et schizophrénie

Les fonctions cognitives sont altérées de manière variable dans la schizophrénie. Il n’y a pas de spécificité.

Les fonctions les plus perturbées sont :

 

  • L’attention ;
  • La mémoire ;
  • Les fonctions exécutives.

Plus le patient dysfonctionne dans ces domaines, plus il a de difficultés à être autonome.

Les différents tests neurocognitifs utilisés pour évaluer ces altérations ont été présentés durant la journée, illustrés par des vignettes cliniques, présentées par Didier DELAYE et Antoine BARLATIER, internes en Psychiatrie A.

Madame PROUTEAU a présenté ses travaux de recherche actuels en particulier autour de la question du handicap psychique.

Elle a démontré comment les troubles cognitifs altèrent la vie quotidienne des patients, en insistant sur les facteurs environnementaux et les problèmes de stigmatisation dont sont victimes les personnes souffrant de schizophrénie.

Elle explique comment interviennent les cognitions sociales (théorie de l’esprit : représentation entre soi-même et les autres), le potentiel d’apprentissage et les facteurs subjectifs (métacognition) comme facteurs de modulation de la prédictibilité de la réhabilitation. Ces aspects sont importants dans le projet des patients (psychoréhabilitation, insertion professionnelle et  sociale).

En hospitalisation, au Centre Médico-Psychologique et au Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel, des ateliers thérapeutiques fonctionnent avec des orientations spécifiques, par exemple :

 

  • Atelier Insight (groupe de patients schizophrènes) ;
  • Atelier équilibre alimentaire pour les patients schizophrènes ;
  • Atelier mémoire ;
  • Atelier écriture, etc …

En conclusion

Cette journée a permis aux soignants de comprendre le rôle de la neuropsychologie en psychiatrie.

L’ensemble des travaux présentés valide les orientations actuelles du service de Psychiatrie A.

Notre secteur psychiatrique est le recours thérapeutique pour de nombreux malades souffrant de schizophrénie (1 patient sur 3 soigné sur le secteur).

Développer cette pratique permet d’objectiver finement les difficultés des patients et de proposer des soins adaptés à chacun.

Cette pratique se développe en CHU et il nous parait important de la proposer à Périgueux.

Merci à Pierre laporte, psychologue, au Docteur VERON, aux internes, et à Nathalie GUILLAUME, Cadre de Santé, qui m’ont aidée et soutenue dans l’organisation de cette journée.

Merci à l’APPC (Association Périgourdine de Psychopathologie Clinique) et aux équipes de Psychiatrie A.

Le secteur 24 G 04 est un dispositif de soins qui accueille des patients domiciliés à Périgueux, Coulounieix-Chamiers, Champcevinel, Chancelade, Château l’Evêque, Marsac et Trélissac. Il fait partie du pôle de Psychiatrie du CHP.

 

Dr Christine Anceau
Psychiatre (secteur 24 G 04)

 

Réalisation : Stratis